Les Photographes invités en 2018


Olivier Grunewald, invité d'honneur

Né en 1959 à Paris, Olivier Grunewald se passionne très tôt pour la photo. À sa sortie des Gobelins, il est formel : le studio n’est pas fait pour lui ; il a besoin d’être au grand air. Il se lance alors comme photographe indépendant spécialisé en alpinisme et escalade avant de se consacrer au paysage.

 

Depuis lors, il parcourt le monde et conçoit des reportages avec sa compagne Bernadette Gilbertas, géographe, journaliste, écrivaine et militante écologiste. Régulièrement publiés dans National Geographic, Stern, Geo, Sunday Times ou Le Figaro Magazine, ceux-ci lui ont valu quatre World Press Photo et un Wildlife Photographer of the Year. Auteur d’une quinzaine de livres, il est aussi réalisateur de documentaires, dont le dernier, Dallol, aux frontières de la vie, a été diffusé à l’automne 2016 sur Ushuaïa TV. Pour lui, photographier est autant un but qu’un prétexte pour s’immerger au cœur des forces de la Terre et capter le monde comme aux premiers jours de sa création.

 

Il expose en ce moment, et jusqu'au 15 juillet, son projet Origines sur les grilles du jardin du Luxembourg à Paris. C'est ce travail qui sera également exposé à Bellême cet été.


Charlie Abad

Originaire de Rochefort sur Mer, Charlie Abad a fait ses études à l'École Nationale des Beaux-Arts de Bourges où il attrape le virus de la photographie grâce à son directeur qui lui met entre les mains Images à la sauvette et Les européens par Henri Cartier-Bresson.

 

Après quelques jobs rémunérateurs à Paris et des rencontres déterminantes comme celles de Jean-Michel Folon et Bernard Plossu, il se lance à temps complet dans l'activité de photographe. Parallèlement à des travaux de commande, il pratique ce qu'il aime le plus au monde, la photographie sur le vif en tous lieux, ce qui lui permet de croquer des situations plus rapidement qu'avec un crayon. L'humour vient souvent habiter ses images sans jamais tourner en dérision ses modèles involontaires.

 

Repéré par Hervé Gloaguen, il intègre pendant trois ans l'Agence Viva. S'ensuivent des collaborations régulières à l'Equipe Magazine durant dix ans, Tribune Médicale douze ans, Femme Actuelle six ans, Pèlerin Magazine vingt-deux ans et d'autres plus ponctuelles... Le Centre Pompidou lui commande des reportages sur le public dans les expositions où pointe l'humour dans la plupart des images. Il réalise des reportages en commande durant douze ans pour le Musée du Louvre au sein des ateliers pratiques pour enfants et adultes. À la suite de quoi il entreprend une balade personnelle au sein du Musée qui, au bout de trois mois, se concrétisera par une importante série d'images décrivant l'attitude des visiteurs.

 

Dans le même temps, une activité de studio dédiée à l'édition lui fait produire des images dans le domaine du loisir créatif (Le temps apprivoisé, Ouest-France, Mango, etc.). Des expositions collectives et individuelles, en France et à l'étranger, lui permettent de montrer ses images de rue et autres lieux. Ses photographies d'illustration sont distribuées par la photothèque « Photononstop » depuis plus de trente ans.

 

Après avoir longtemps utilisé pour sa production personnelle des Leica M3, il retrouve le même bonheur en numérique avec l'arrivée du Fuji X 100.


Nicolas Boutruche

Né en 1977 au Mans, Nicolas Boutruche est très vite attiré par l’image. Enfant, il dessine continuellement, à la maison comme en cours. Il arrête la faculté de sciences au bout de deux mois et falsifie ses bulletins scolaires pour entrer dans une école de cinéma…

 

Après avoir tourné quelques courts métrages, il réalise pendant dix ans une centaine de films publicitaires, de clips musicaux et films corporate. Fatigué de faire des films pour les autres, Nicolas veut de nouveau raconter des histoires pour lui, pour le public. Il délaisse le film publicitaire pour s’essayer à la photographie et propose une première série photographique sur le thème de l’apesanteur en 2009. Six ans plus tard, Nicolas Boutruche travaille sur une nouveau projet intitulé « du voyeurisme au 1/10ème » en photographiant des immeubles après les avoir coupés en deux.

 

Pour fabriquer une image, Nicolas commence toujours par un croquis, énumère tous les éléments dont il aura besoin pour construire l’image. Il faudra ensuite prendre une multitude de photos de chacun des personnages, de chacun des éléments, des textures qui seront une à une détourées déformées et réimplantées dans une mise en scène, comme un puzzle.


Carol Descordes

Après des études de psychologie et un mémoire de fin d’études sur « La fonction réparatrice de la photographie sur l’image du corps », Carol Descordes travaille auprès d’enfants autistes à la Croix Rouge Française avant de devenir assistante d’un grand photographe culinaire, auprès duquel elle apprend le travail photographique à la chambre grand format et le travail de studio.

 

Entre 1992 et 1997, Carol Descordes travaille en studio en tant que photographe indépendante avant de créer son studio de photo et de graphisme, « Le Studio 28 ».

 

En 2004, elle s’installe dans le Perche et redémarre une activité de photographe indépendante mais pour des travaux de recherche personnelle, notamment sur la forêt. Après un livre publié et de nombreuses expositions, elle travaille actuellement sur deux projets : un sur le thème des natures mortes inspirées des primitifs flamands et l’autre sur celui de la princesse au petit pois. C’est ce dernier travail qu’elle expose à Bellême.


Pierre de Vallombreuse

Pierre de Vallombreuse, né à Bayonne en 1962, ressent très tôt l’envie d’être un témoin de son temps au contact de Joseph Kessel, grand ami de ses parents.

 

En 1984, il rentre à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris avec l’idée de faire une carrière de dessinateur de presse. Mais un voyage à Bornéo l’année suivante va bouleverser le cours de sa vie. D’artiste sédentaire il décide de devenir un témoin nomade et la photographie devient son mode d’expression. Toujours étudiant, il passe de longs séjours répétés dans la jungle des Philippines aux côtés des Palawans. Au total, il vivra avec eux plus de 4 ans et une première partie de son travail  est présentée lors des Rencontres Internationales de la Photographie d’Arles en 1988.

 

Il a publié 9 livres et exposé son travail dans des festivals, musées, et des galeries. Il collabore régulièrement avec de grands magazines internationaux : Newsweek, El Mundo, El País, La Stampa, Le Monde, Camera, GEO, Réponses Photo, Figaro Magazine, National Geographic

 

Depuis 1986, ce photographe témoigne inlassablement de la vie des peuples autochtones sur les cinq continents. Il a constitué un fond photographique unique sur 43 peuples en constante évolution, rendant ainsi hommage à la précieuse diversité du monde. Pierre de Vallombreuse nous fait découvrir la réalité complexe de leurs modes de vie et se bat pour le respect et la juste représentation de ces populations fragilisées, dont l’héritage nous est vital.

 

Son travail est un cri d’alarme. Sa vocation est d’alerter le public sur le sort de ces peuples car loin de l’exotisme surannés primaire véhiculée autour d’eux, la réalité qu’il nous montre à travers la photographie est toute autre : celle d’un combat pour leur survie. Ces populations sont trop souvent les premières victimes de génocides, de guerres, d’idéologies racistes, de prédations économiques, de pénuries alimentaires, de désastres écologiques, etc. Autant de questions cruciales qui, loin d’être cantonnées à ces territoires plus ou moins reculés, concernent notre humanité.


Myriam Dupouy

Ma nouvelle exposition Abracamera, présentée au Festival de Bellême cet été, est le fruit d’un travail de fond depuis 5 ans et qui ne cessera jamais de me passionner. Elle est également accompagnée d’un livre mêlant images et poèmes.

 

Jusque-là, ma pratique photographique visait à montrer des espèces communes et locales, des trésors humbles à côté desquels nous passons sans y prêter grande attention. Pour ouvrir les yeux sur cette richesse et amener les spectateurs à les redécouvrir, j’ai simplement souhaité mettre l’accent sur ce que je ressens, sur mes émotions et mes sentiments lorsque j’observe la nature et sur toutes les histoires que ces observations font naître. C’est pour cela que j’aime à laisser toute la poésie et la magie de ces instants s’exprimer et c’est aussi pour cela que j’ai besoin de m’exprimer à travers mes photos… Pour ce faire, j’ai, pour cette série, beaucoup utilisé une technique que j’adore depuis toute petite : la surrimpression ou double exposition. Plusieurs images, même si elles sont très loin de l’être toutes, ont été réalisées en utilisant cette technique. Cela me permet simplement de compléter ce que je vois par ce que mon cœur ressent. Je ne cherche pas à modifier la réalité, je cherche à la montrer telle que je la perçois et ce qu’elle me raconte, tout simplement. D’autre part, si je pense qu’il est extrêmement important de montrer les horreurs afin d’ouvrir les yeux et d’inviter à l’action, je pense qu’il est tout aussi important aujourd’hui d’employer la douceur en faisant rêver les gens et en les amenant à apprécier et à s’émerveiller face à ce qu’ils ignoraient jusque-là. Car on est toujours plus enclin ensuite à protéger ces trésors et à se sentir concerné par leur sort.

 

 

Chaque image est une histoire, une invitation au conte et à la rêverie, jusque dans sa présentation… Ce sont des pages tombées d’un livre, une invitation au voyage… De nombreuses photos sont assorties d’un poème (sujets variés : protection de la nature, Monsanto, OGM, Problèmes d’éthique dans la photo animalière, etc.) qui sont autant de clé pour mieux comprendre ce qui se cache derrière mon travail photographique.


Tuul et Bruno Morandi

Tuul et Bruno Morandi nomadisent de par le monde depuis des années. L’une est née dans la steppe, l’autre au bord de la mer. Malgré les 10 000 km qui les séparaient la rencontre a bien eu lieu et depuis 17 ans ces deux photographes partagent leur vie et leur passion.

 

Après avoir grandi dans la steppe mongole et vécu une enfance nomade unique, Tuul atterrit à Paris pour ses études. Après son Master dans le domaine de la culture, elle se passionne pour l’art graphique et la photographie. Finaliste du Grand Prix Photoreportage Etudiant Paris-Match en 2005 Tuul entre alors dans le monde de la photo.

 

Architecte de formation, Bruno a passé tous les étés de son enfance au pays de son père, la Toscane. On devine que ces paysages de collines où la lumière ne quitte jamais le registre de la peinture ont influencé son regard ainsi que son goût du voyage. C’est à 18 ans lors d’un voyage au Népal qu’il commence à se passionner pour la photographie.

 

Depuis leur rencontre, avec rigueur et passion, les deux photographes arpentent le monde à la recherche d’instants fugitifs pour capturer la grâce des gestes simples. Parfois, il s’agit d’un regard, d’un sourire ou d’une démarche. Curieux et ouverts, ils se jouent de la lumière, font claquer les couleurs et entrent en intime sympathie avec tous les peuples qu’ils rencontrent sans désemparer. La Mongolie devient naturellement un de leurs pays de prédilection où ils retournent chaque année.


Jean-François Mutzig

Sa vocation commence à l’âge de 14 ans, lorsque son oncle l’initie au travail du laboratoire de développement. Placé sous de tels auspices, il entre à l’Ecole de Photographie de Lille en 1980 : une formation suivie de 3 années d’activité en laboratoire professionnel de développement noir et blanc.

 

Depuis la fin des années 1980, Jean-François Mutzig mène de front une activité de journaliste dans la presse régionale et un travail de reporter free-lancequi l’amène à publier ses images. En 1993, il rejoint l’agence Biosphoto, spécialisée dans les thèmes de la nature et de l’environnement. En tant que reporter, Jean-François Mutzig s’intéresse à l’évolution du monde actuel et ses conséquences culturelles ou environnementales. Il pose un œil bienveillant sur l’humanité sous toutes les latitudes : les mineurs vietnamiens dans leur dur labeur, les charbonniers malgaches et leur univers, les pêcheurs italiens à l’œuvre. Le regard qu’il porte sur ce monde se situe dans la tradition de la photographie humaniste.

 

Son projet au long cours sur le thème « Des éléphants et des hommes » synthétise l’esprit de sa démarche de photographe. Pendant douze ans, Jean-François Mutzig a sillonné l’Asie pour portraiturer l’animal dans sa relation ancestrale avec l’homme : l’éléphant prince d’un jour pendant les fêtes en son honneur mais aussi la victime des maux qui affectent les humains. Ce travail lui a valu le Prix Spécial du Jury au prestigieux « Days Japan » International Photojournalism Awards 2017 pour son reportage sur le débardage des bois précieux en Birmanie et ses images ont accompagné l’interview de Nicolas Hulot dans le magazine Terre Sauvage.

 

Jean-François Mutzig s’est vu décerné en 2015 la médaille de Chevalier des Arts et des Lettres par la ministre Fleur Pellerin. En 2017, le livre Des éléphants et des hommes, paru aux éditions les clichés de l’Aventure, sort des presses de l’imprimerie Escourbiac. En mars 2018, son reportage « La Rapa Das Bestas » reçoit à Bellême le prix du meilleur reportage et le prix de la meilleure photo décernés par le jury du concours « les Photographies de l’année ».


José Nicolas

Parachutiste dans l’armée, José Nicolas intervient sur de nombreux territoires en Afrique et au Liban notamment. Pendant toutes ces années, il entretient une certaine fascination pour les photographes aventuriers qu’il croise. « Je me disais que c’était un métier qui me plairait bien. » Blessé au Liban, José Nicolas est réformé et une fois de retour à la vie civile, il se lance dans la photo.

 

Sa rencontre au Liban en 1982 avec Bernard Kouchner – co-fondateur de Médecins sans frontière et de Médecins du monde et fervent militant de l’action humanitaire – est déterminante. Pendant six ans, ils travaillent ensemble. José Nicolas photographie l’action de Médecins du monde en Afghanistan, au Kurdistan, en mer de Chine et au Liban. C’est une époque que le photographe qualifie de très intéressante : « On était très investi, engagé et militant. On avait conscience des choses. On gagnait notre vie alors on pouvait faire de la photo humanitaire. »

 

En 1984, il rentre à l’agence Sipa et couvre l’actualité, dont de nombreuses guerres. Göksin Sipahioglu, fondateur de l’agence Sipa, sans lequel il n’aurait pas connu la grande aventure photographique, lui ouvre les portes de la famille des reporters photographes. C’est une époque florissante pour le photojournalisme :        « Les agences tournaient bien, il y avait peu de photographes et les magazines produisaient et commandaient des reportages ». Blessé au Rwanda en 1994, il quitte Sipa en 1995 et devient photographe indépendant. Il continue à voyager et à couvrir l’actualité et travaille également pour des magazines. Il se spécialise dans le vin, sans oublier ses voyages à travers le monde.

 

En 2014, José Nicolas décide d’arrêter le reportage et récupère toutes ses archives à Sipa. Il commence alors un travail sur ses 20 ans de photojournalisme. Aidé par Thomas Consani, tireur chez Central Dupon, et Françoise Dastrevigne, son épouse, il décide de faire un livre avec ses archives, en collaboration avec Bernard Kouchner. Après un an et demi de travail, le résultat raconte trente ans de combats en images au cœur de l’une des plus importantes associations humanitaires françaises. French Doctors est un reportage photographique sur l’action et la détermination des médecins, à une époque où est apparue une nouvelle manière de penser l’humanitaire que le photographe José Nicolas n’a pas manqué d’immortaliser.


Nicolas Orillard-Demaire

Aujourd'hui, photographe de nature, animalier et paysages, Nicolas Orillard-Demaire vient à la photographie après être passé du sport à l’hôtellerie de luxe. 

 

De nombreux voyages autour du monde (USA, Canada, Pérou, Australie, Japon, Europe centrale, Îles Galapagos, Equateur, Chili…) et une bonne dose d'apprentissage sur le terrain créeront alors pour cet amoureux de la Nature une passion et un mode de vie. La photographie prendra vite le dessus sur le reste, laissant libre cours à sa passion des voyages et des pays nordiques. L'Ecosse, l'Islande, l'Irlande, la Norvège, la Suède mais aussi la Nouvelle-Zélande prennent doucement place dans son portfolio.

 

De nombreuses expositions en France et en Europe lui permettent de transmettre sa passion au plus grand nombre. Une invitation au voyage et à la découverte de la Nature sont parmi ses prérogatives, la poésie accompagnant bien souvent ce monde qu'il essaie de retranscrire.

 

"J'ai retrouvé le gout du temps chargé de solitude, des terres vierges et désertiques, de la proximité avec la nature. Le sentiment ultime de liberté qui vous traverse lorsque vous contemplez le monde et ses beautés. Ma vie est là, ici et ailleurs, à la recherche constante de lumières, d'ambiance et de magie. Mes voyages et les photos qui en découlent sont le strict reflet de la vision qui me suit depuis longtemps, depuis toujours je crois. Une indicible envie de partager les merveilles qui nous entourent, une thérapie visuelle, en quête perpétuelle d'instants capturés. Ces photos sont là pour me rappeler chaque jour ces moments intimes avec la Nature, ces moments de pur bonheur où le frisson s'empare de moi et me transperce au plus profond."